• News
  • Earthquake-resistant construction : France is also concerned

Notre pays n’est pas le premier auquel l’on pense à l’évocation d’un séisme. Il faut cependant savoir que 21.000 communes françaises sont classées à risque sismiques. Un contexte dans lequel les constructions parasismiques prennent toute leur importance.

L’intensité varie évidemment d’une région à une autre. Le territoire national est ainsi divisé en cinq zones de sismicité croissante : une zone de sismicité très faible (1) où il n’y a pas de prescription parasismique particulière. Les bâtiments sont alors dits à risque normal. Suivent quatre zones de sismicité faible (2), modérée (3), moyenne (4) et forte (5) où les règles de construction parasismique sont applicables pour les bâtiments. Outre-mer, les départements de la  Guadeloupe et de la Martinique sont classés entièrement en zone de sismicité forte (5). Ce sont ainsi 60% des communes françaises qui sont classées entre 2 et 5 depuis le décret du 22 octobre 2010 relatif à la prévention du risque sismique.

La politique française de gestion de ce risque est fondée sur la prévention. À savoir information du citoyen et secours adaptés. Également des modes de construction normés afin de prévenir les effondrements. Enfin, aménagement du territoire et surveillance.

Photo d'un mur en brique détruit après un séisme

La réglementation de la construction parasismique

La réglementation impose l’application de règles parasismiques pour les constructions neuves. Des règles définies dans la norme Eurocode 8 qui a pour but “d’assurer la protection des personnes contre les effets des secousses sismiques”. Le texte normalisé définit les conditions de constructions nouvelles. La conception des structures selon l’Eurocode 8 est conforme aux codes parasismiques internationaux. La sécurité des personnes est l’objectif premier mais également la limitation des dommages matériels.

Appliquée à la construction, la partie 1 expose les principes généraux du calcul parasismique et les règles applicables aux différentes typologies de bâtiments. La partie 5 vient compléter le dimensionnement en traitant des fondations de la structure, des aspects géotechniques et des murs de soutènement.

Il établit par exemple qu’en cas de secousses dites nominales, “une construction du bâti courant peut subir des dommages mais ne doit s’effondrer sur ses occupants”. Par ailleurs, des règles spécifiques ont été établies pour les équipements et installations de secours et protection. Des règles existent également pour les ponts, les barrages, les installations classées et les installations nucléaires.

Les grandes lignes de ces règles de construction parasismiques sont également réunies sous une charte de bonne conduite de la construction parasismique. Ainsi, elle liste l’implantation (la nature du sol), la conception générale de l’ouvrage ( adapté au séisme) et la qualité de l’exécution (qualité des matériaux, fixation des éléments non structuraux, mise en œuvre soignée).

Shéma de la carte des départements français selon leur classe de zone sismique

Construire en zones sismiques : le choix de l’acier

Il n’existe pas de matériau miracle, il est simplement très important de trouver le bon compromis. En effet, il faut trouver une bonne résistance mécanique avec des matériaux tel que l’acier, les alliages d’aluminium et, dans une moindre mesure, le béton armé.

En raison des qualités intrinsèques de l’acier mais également de ses modes d’assemblages, ce matériau est particulièrement performant en construction parasismique. En matière de ductilité – propriété des corps qui peuvent être étirés sans se rompre – trois classes définissent les structures :

  • – Low Ductility Class – DCL
  • – Medium Ductility Class – DCM
  • – High Ductility Class – DCH

Les exigences principales pour chaque classe sont :

  • DCL :
    • – Aucune exigence particulière de conception ;
    • – Utilisation obligatoire d’aciers de classe B (classe A permise pour certains cas particuliers) ;
    • – Dimensionnement classique selon l’Eurocode 2 avec des efforts sismiques ;
    • – Utilisation des dispositions constructives Eurocode 2.
  • DCM :
    • – Utilisation obligatoire d’aciers de classe B ;
    • – Dispositions constructives pour les murs, poteaux primaires et poutres primaires plus lourdes que la DCL ;
    • – Distinction et dimensionnement spécifique des murs : murs de grande dimension et murs ductiles ;
    • – Interdiction de reprendre un voile en totalité ou en partie par une poutre ou une dalle : §5.4.1.2.5(1)P de l’EC8 ;
    • – Les poutres primaires supportant un poteau doivent être appuyées par au moins 2 appuis directs (murs ou poteaux) ;
    • – Coefficient de comportement > 1.5.
  • DCH :
    • – Exigences encore plus élevées que la DCM ;
    • – Utilisé uniquement en zone à très fort risque sismique.

La classe de ductilité de la construction se définit en fonction de son usage (hôpital ou lieu de stockage, caserne de pompiers ou immeuble de bureaux). Entre ensuite en considération le rapport entre la responsabilité et les aspects financiers. Ses études se font ainsi dans le cadre d’un référentiel précis. Pour exemple, le séisme de référence des constructions françaises se produit tous les 475 ans (chiffre adapté en fonction des régions).

Pour information, les règles Neige et Vents ont pour référence l’accident cinquantenaire.

La classification des aciers

Plusieurs classes d’acier sont autorisées par les règles de calcul Eurocode et valables pour des aciers HA et des treillis soudés : classe A, B et C. Les propriétés mécaniques de ces aciers sont déterminées ainsi :

  • – Les aciers de classe A (acier de ductilité normale laminé à froid) seront réservés à des ouvrages situés dans des zones non sismiques. Ils pourront être utilisés dans des zones sismiques faibles (classe de ductilité DCL) pour des aciers de montage ou les planchers sous certaines conditions.
  • – Les aciers de classe B (acier de haute ductilité laminé à chaud) sont réservés à toutes les autres zones sismiques et dans les éléments primaires dans le sens de l’Eurocode 8.
  • – Les aciers de classe C (acier de très haute ductilité) sont utilisables en classe de ductilité DCH (Ductilité Haute)
Tableau des différentes valeurs des aciers qui entrent dans les constructions parasismiques