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  • Réhabilitation des bâtiments et transition énergétique : l’enjeu de demain

Les bâtiments sont l’un des points d’orgue des recherches en économies d’énergie. Énergivores, leur réhabilitation présente cependant de possibles à travailler pour améliorer leur isolation, en faisant un levier important de la transition énergétique.

L’État et les collectivités sont bien évidemment les premiers en ligne de mire dans leurs projets. Pour rendre le bâtiment plus économe en énergie, il faut rénover massivement l’existant et développer des normes plus strictes en termes de consommation d’énergie pour les bâtiments neufs. C’est l’objet de la politique de l’énergie dans les bâtiments. Sans perdre de vue la dimension de transmission patrimoniale inhérente à tout projet de réhabilitation. La réhabilitation, inhérente au processus de renouvellement des villes, permet de transmettre un héritage urbain et bâti, de prolonger son cycle de vie et de faire de l’existant un matériau évolutif, source de créativité et de qualités architecturales et urbaines. Les projets de réhabilitation s’inscrivent alors dans la continuité historique. Comment adapter alors le patrimoine bâti aux nouveaux besoins d’espaces, de confort et de performances énergétiques ?

La consommation d’énergie dans le secteur du bâtiment représente 44 % de l’énergie consommée en France selon le Ministère de la Transition écologique et solidaire, soit 123 millions de tonnes de C02. La “réhabilitation thermique” des bâtiments existants, à savoir l’amélioration de leur performance énergétique, apparaît donc comme un enjeu majeur du développement urbain durable.

Cette nécessité se heurte cependant à la difficulté de lui concilier la protection du patrimoine.

le rapport de synthèse sur les économies d’énergie dans les bâtiments anciens, piloté par la Direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction, met en avant les propriétés thermiques particulières des bâtiments anciens. Ces bâtiments anciens sont généralement à structure lourde, garantissant une inertie thermique positive. Les tissus urbains denses limitent eux aussi les déperditions de chaleur. Mais les murs extérieurs sont souvent de natures hétérogènes. À Paris par exemple, parmi les bâtiments d’époque haussmannienne ou post-haussmannienne (deuxième moitié du XIXe siècle) beaucoup présentent une façade en pierre de taille sur rue et une façade en pans de bois et moellons calcaire (voire en brique) sur cour. Les comportements d’un point de vue thermique et hygrométrique en sont forcément différents et les déperditions aussi.

Rénovation énergétique et préservation du patrimoine

“La tolérance écologique du patrimoine” théorise que la préservation d’éléments immobiliers remarquables implique d’y toucher le moins possible. D’autant que la réglementation actuelle en matière de protection du patrimoine limite fortement la capacité d’adaptation des bâtiments protégés ou classés. Comment rendre alors compatible le patrimoine aux exigences énergétiques du développement durable ?

Cette question soulève une double problématique qui consiste à savoir comment intervenir sur le patrimoine et modifier éventuellement le paysage urbain par la mise en oeuvre de technique d’isolation par l’extérieur.

l’avis de l’architecte des bâtiments de France (ABF) peut alors être sollicité pour juger de la pertinence des travaux au regard de la protection du patrimoine. Inclus au projet de loi dite “Grenelle 2 de l’Environnement”(automne 2009), cet article de loi montre que le débat se focalise essentiellement sur l’impact visuel des travaux de réhabilitation thermique et sur l’insertion de l’immeuble réhabilité dans le paysage urbain. En recentrant le débat sur la question de la pérennité du patrimoine, il semble cependant possible de réconcilier patrimoine et développement durable.